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L’ESA veut produire de l’oxygène à la surface de la lune

L’agence spatiale européenne va tester la possibilité de produire de l’oxygène à partir de régolithe lunaire.

Imaginez respirer de “l’air lunaire”. Ou bien pouvoir faire redécoller votre fusée avec du carburant provenant de notre satellite. Dit comme cela, je suis d’accord que l’on pourrait penser que c’est la science-fiction. Et pourtant, c’est bien l’objectif que s’est fixé l’ESA en sélectionnant un projet qui a pour but d’extraire l’oxygène contenu dans la roche lunaire.

ESA – Team chosen to make first oxygen on the Moon
Following a competition, ESA has selected the industrial team that will design and build the first experimental payload to extract oxygen from the surface of the Moon. The winning consortium, led by Thales Alenia Space in the UK, has been tasked with producing a small piece of equipment that will evaluate the prospect of building larger lunar plants to extract propellant for spacecraft and breathable air for astronauts – as well as metallic raw materials for equipment.
www.esa.int

Le concours

L’agence spatiale européenne a sélectionné, à l’issue d’un concours, une équipe britannique qui concevra et construira la première charge utile expérimentale destinée à extraire l’oxygène de la surface de la Lune. Rien que ça !

Le consortium sorti gagnant est dirigé par Thales Alenia Space basé au Royaume-Uni, il est composé d’AVS, de Metalysis, d’Open University et de Redwire Space Europe.

L’extracteur d’oxygène

D’abord, sachez que le régolithe, la roche à la surface de la lune, est composé en masse d’environ 40% à 45% d’oxygène. Le reste étant du silicium (20%), fer (10-12%), calcium (<10%), aluminium (<10%), magnésium (<10%). Cependant, cet oxygène n’est pas disponible si facilement. En effet, il est lié chimiquement sous forme d’oxydes de minéraux ou de verre.

À gauche c'est un tas de la régolithe. À droite c'est le même tas, mais à qui on a retiré ses 40% d'oxygène laissant ainsi apparaitre un mélange d'alliages métalliques. © Beth Lomax - University of Glasgow
À gauche, c’est un tas de régolithes brute. À droite, c’est le même tas, mais à qui l’on a retiré ses 40% d’oxygène laissant ainsi apparaître un mélange d’alliages métalliques. © Beth Lomax – University of Glasgow

Ce prototype devra donc extraire entre 50 à 100 grammes d’oxygène du régolithe lunaire, tout en essayant d’atteindre une extraction de 70 % de tout l’oxygène disponible dans l’échantillon. Il devra effectuer tout cela dans un délai plutôt court de 10 jours, et en utilisant l’énergie solaire disponible d’une seule journée lunaire (qui équivaut à 15 jours sur terre).

Le processus de l'utilisation des ressources in situ. © ESA
Le processus de l’utilisation des ressources in situ. © ESA

Giorgio Magistrati, chef de l’équipe Études et technologies de l’initiative ExPeRT (Exploration Preparation, Research and Technology) de l’ESA, commente :

“Le moment est venu de commencer à travailler à la réalisation de ce démonstrateur d’utilisation des ressources in situ, première étape de notre stratégie plus vaste de mise en œuvre de l’ISRU (In-Situ Resource Utilisation ou utilisation des ressources in situ). Une fois la technologie éprouvée à l’aide de cette charge utile initiale, notre approche aboutira à la mise en place d’une usine ISRU à grande échelle sur la Lune au début de la prochaine décennie.”


La NASA l’a déjà fait

Malheureusement, si cela fonctionne, l’ESA ne sera pas la première agence spatiale à créer de l’oxygène sur un autre astre du système solaire. En effet, la NASA a déjà réalisé cet exploit grâce à son démonstrateur MOXIE qui avait pris place à bord de Perseverance sur la planète Mars. On vous en avait d’ailleurs parlé.

La NASA réussit à créer de l’oxygène sur Mars grâce à MOXIE – APYRE Espace, Gaming & Tech
Une réussite de plus pour la mission Perseverance qui a réussi à produire 5 grammes d’oxygène sur Mars.
apyre.fr

Là-bas, MOXIE avait réussi à produire de l’oxygène à partir de l’atmosphère de Mars, qui est composée à plus de 95% de dioxyde de carbone (CO2). Mais dans des quantités moindres : 5,37 grammes.


Ce démonstrateur va donc prendre place à bord d’une des missions de l’ESA en direction de la lune grâce notamment au “European Large Logistics Lander”. Cet atterrisseur lunaire pourrait livrer du fret en soutien aux explorateurs humains ou livrer des missions robotiques autonomes pour des applications scientifiques, technologiques ou autres.

Cependant, aucune date de lancement n’a encore été annoncée.


Relu et corrigé par Aquilae

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